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Retour de guerre. Il n'en a parlé à personne ce soir-là pas plus que d'habitude, de cette femme et de ces enfants qui occupaient ses pensées en permanence. Pourtant, à la table familiale de Bertrand, ce voisin qui l'avait si gentiment invité en ce soir de Noël , il s'est senti si seul si infirme. Quand il était revenu de la guerre avec son bras malade, son bras qui ne pourrait jamais plus creuser le sillon, tailler les arbres, tirer l'eau du puits, il avait réfléchi. Comment faire vivre Marie et les enfants ? Comment mettre sur la table chaque jour le pain et le miel ? Et les enfants, n'auraient-ils pas honte d'aller aux manèges ou à l'étang avec un père diminué? Alors, il n'était jamais rentré. Il n'avait jamais revu ni Rose ni Pierre ni Jeanne ni hélas, Fidèle morte pendant la guerre. Bien sûr, Marie, quand elle portait son linge à l'étang, il l'avait suivie souvent, accroupi, dissimulé dans les hautes herbes comme un animal traqué. Il pouvait distinguer sa silhouette fragile, ses longs cheveux châtains et parfois le reflet de ses yeux d'or. Les enfants, il aimait, le dimanche, les regarder de loin, jouer aux manèges, dans leurs manteaux blancs. C'est là qu'un jour Marie est venue les chercher avec un homme. Cet homme avait un regard si chaud pour Marie et des mains si bonnes pour les enfants que lui, l'infirme, il est parti, il a quitté le village pour toujours... Catherine, 㼻⼼㹢⼼灳湡㰾是湯㹴਍⼼㹰਍獲瑥‰
L'intérêt porté à Marie se traduit parfois par des poèmes, des textes particulièrement envoûtants. J'ai découvert celui-ci écrit par Catherine. Sous une simplicité apparente il s'avère être un exercice de style brillant au-delà de son dépouillement tant il se fait admirablement l'écho de la chanson de Marie "Dîtes-lui"... On y retrouve toute la mélancolie du titre d'origine et, personnellement, j'ai été touché par cet autre regard, cette autre appropriation d'une chanson particulière dans l'univers de Marie et qui a, elle aussi, largement contribuée à nous charmer. Dès lors je me suis posé la question, où placer un tel texte et les autres que je ne manquerai pas de découvrir... Créer une nouvelle rubrique ? Au vu du nombre existant (et ayant en tête l'ajout de deux nouvelles rubriques) je craignais de "surcharger" le site en créant une situation de "dispersion". A bien y réfléchir, ce texte prend à mes yeux le caractère d'un témoignage à part entière, témoignage d'un intérêt teinté de poésie qui traduit si bien l'impact de Marie sur nombre d'entre nous... Dès lors le placer dans cette rubrique est devenu une évidence... Marco, 紻屻獣尲汵捜㑦捜ㅢ畜捬4
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Requiem pour trois mariages La nouvelle est si grave qu'ils se sont assis, là où ils étaient, sur le chemin de terre. Le chemin de terre qui mène à la rivière,là où s'est noyée Marie. Marie, nattes brunes, l'œil gris, morte d'ennui Morte d'avoir vécu sans rêve sans poésie Auprès de François qui ne voyait dans ce mariage Qu'une vie tranquille sans émoi Sans autre amour que l'amour de soi. Requiem pour trois mariages La nouvelle est si grave qu'ils se sont assis, là où ils étaient, sur le chemin de terre Le chemin de terre qui mène à la falaise, là où s'est jetée Lucie Lucie, fille de rêves sans souci Morte d'avoir vécu dans la violence et les cris Auprès de Raymond qui ne voyait dans ce mariage Qu'un moyen d'affirmer son pouvoir De plier la femme à son bon vouloir. Requiem pour trois mariages La nouvelle est si belle qu'ils se sont assis, là où ils étaient, sur le chemin de terre Le chemin de terre qui mène à la chapelle,là où on baptise le fils de Suzie Suzie, fille des champs pleine de cœur Vivant sans argent mais dans le bonheur Auprès de Bernard qui voit dans ce mariage La joie sans fin de combler de caresses Une femme, joyau de tendresse. Requiem pour trois mariages PS: texte réponse à la chanson "Requiem pour trois mariage" de Yves Stéphane écrite en 1968, chantée par Marie Laforêt sur une musique de Francis Lai
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