En plus de quarante ans de carrière , Marie Laforêt a créé près de 350 chansons , dont il est très difficile de rendre compte car elle a construit un kaléidoscope très varié , formé par des chansons extrêmement différentes les unes des autres.
On peut distinguer différentes périodes musicales durant toutes ces années :
Première période: ses premières apparitions dans la chanson furent marquées par des airs folkloriques qu’elle fut amenée à transformer musicalement , par exemple Les Vendanges de L’Amour qui s’inspirent du style de la sardanne et qui fut modifiée jusqu'à donner la version que nous connaissons , le titre Viens Sur la Montagne est issu d’un negro spiritual « arrangé » , tout comme Tumbleweed adaptée par Prévert ; Marie a également chanté d’anciennes chansons anglaises telles que Banks of the Ohio , Poor Railroad Boy qui fut aussi chantée par Joan Baez , mais dont les paroles furent changées , et d’autres titres de 63-64 comme Flora , Mary Ann , House of the rising sun ou Tu Fais Semblant.
Seconde période : Suit alors une époque où elle créa des succès en s’inspirant de chansons folkloriques , des tubes comme La Plage , issue d’un instrumental qui fut joué et chanté par beaucoup de musiciens dans le monde entier dont le trio Los Panchos qui en ont fait un final très triste avec des quenas ; il y eut aussi Mon amour mon ami , pièce commerciale mais avec un chant étrange, qui servira de modèle pour beaucoup de musiciens ( je pense par exemple qu’il a inspiré les auteurs de Get Down des Backstreet Boys) ; Manchester et Liverpool , pièce dont le rythme celtique est donné par la percussion des « bones » en contre-temps , ajouté à la poésie de l’interprétation qui rend la chanson inoubliable.
Pour les Français qui ne pensent pas que Marie ait fait des chansons d’inspiration celtique , citons des chansons comme Toi qui dors , Barbara Allen, Mary Hamilton, Coule Doux, L’arbre qui pleure, Tom, Katy Cruelle, L’Orage, Julie Crevecoeur, Je T’Attends, Feuilles D’Or, Prends Moi, La Legende de Thomas, La Guerre D’Irlande auxquelles Marie a donné un côté trés celtique .
Troisième période: durant les années 68 , 69 , 70 , 71 et 72 , Marie parcourra les scènes du monde entier avec un répertoire nettement folklorique , emprunté aux chansons traditionnelles ou à la musique folk de nombreux pays . Elle sera surnommée La Fille à la Voix D’Or parce que sa voix est alors pleinement développée, profonde , tantôt claire et tantôt gutturale, étonnante avec son vibrato exceptionnel ( qui évoque la technique du chant tyrolien ) ; ajoutons qu’à cette époque , Marie Laforêt arrive à un registre de prés de quatre octaves , approchant les cinq octaves d’ Yma Sumac ( sa chanteuse préférée) .
Elle a alors étroitement collaboré avec de grands musiciens tels que Jorge Milberg ( et Los Incas ) , Egberto Gismonti et Bernard Wystraete , et a failli travailler avec Alan Stivell .
Entre 1968 et 1969 , Marie nous apporte un bouquet de chansons très particulières , aussi bien mystiques que plus profanes avec Los Incas et sous la direction de Jorge Milchberg , génie argentin dont la musique est aussi proche de l’esprit des Celtes que de celui des Andes : Marie l’appellera « son chef éternel ».
En 1970 , Marie sera liée à Egberto Gismonti ,« chercheur du continent perdu de Lemuria», un grand du jazz d’aujourd’hui ; la jeune femme accomplit avec lui une fusion entre le jazz et le folklore essentiellement sud- américain , elle a chanté avec lui des chansons brésiliennes très avant-gardistes et inventives .
Par la suite , Marie s’ est liée à Bernard Wystraete et à son groupe, ils effectuèrent une fusion jazz-clasique- folklore et firent preuve de beaucoup de créativité , réalisant des merveilles , beaucoup de ces merveilles n’ont pas été diffusées sous forme de disque.
Je livre ici la liste des chansons perdues de Marie Laforêt ,qui ne sont jamais sorties en disques , leur nombre s’élève à une trentaine de titres environ :
Avec Los Incas
·Erev she shoshanim, Bom Dia, Belle qui Tient ma vie, Za Kafkazam, El Eco, La Parenera , Rio Abierto et quelques autres.
Avec Egberto Gismonti
·Pendulo, Janela de Ouro, Lirica Numero 1, Mercader de Serpentes, Sonhos, Lendas et quelques autres qui figurèrent sur un album qui fut enregistré en 1970 mais CBS qui em ployait Marie à l’époque s’opposa à sa sortie car il fut jugé trop expérimental .
Avec Bernard Wystraete
·Perouvienne, Suite Classique, Elipsse, Stop, La Reglisse, Mon coeur se balance, La Roumaine, L’ automne rêve aux lilas, et quelques autres.
Avec Guy Beart
·Bienvenue, Reveillons de Noel et quelques autres.
Autres Chansons
·Je Te Prête Charlie (avec Gainsbourg et Régine), Si On Chantait Prévert, Mon Amour où es- Tu Passé, La Californie, Mamie a Cent Ans et quelques autres.
Quatrième période : Marie devra oublier toute sa carrière scénique et recommencer dans une quatrième étape discographique « multivoice », chez Polydor, qui cantonnera Marie à des chansons commerciales et abusera des chœurs et des play backs , des chansons sans profondeur, mais non dénuées de qualité : il y a dans cette période quelques chansons étranges comme Noe, Mea Culpa, Demain Moby Dick Peut Etre, Lily Marlene, Berceuse pour Deborah, Etait- Ce Trop Beau Pour Durer, Lady Anna, Demain se dessine si bien, Un Jour, Roman D’ Amour, Aussi Loin Que L’Amour, Mon Amour (Vivaldi), La Naissance, Quand Nous Aurons Un Enfant, Je Vois, Prends moi, La légende de Thomas, La Baie des Anges, J’ai le cœur gros du Temps Présent, Que Je Bétonne mon cœur et Comme un oiseau.
Cinquième période: De retour avec sa plume et aux folklores avec Reconnaisances, Marie nous a laissé un nouveau bouquet des merveilles, tant ésotériques que profondes : Ma Viva, Deja Vu, Yerushalaim, Richard Toll, Bis Bald Marlene, Calle Santa Rita et Genève ou Bien.
Il reste beaucoup de chansons perdues, peut- être de recherche en recherche, quelqu’un peut-il retrouver une part de ces merveilles . J’ai écrit un petit commentaire à propos des chansons qui suivent:
·“Rio Abierto” dernière chanson de Marie avec Los Incas en Live, la pièce est comme une ronde d’ enfants, mais ces enfants sont « Les Fils Du Soleil » qui nous apportent une musique tendre, enfantine, douce, mystique et très spirituelle, propre aux gens des Andes et à leur folklore authentique , donc Marie met en contre-chant en première place sa voix grave et en seconde place sa voix aiguë jusqu'à en faire un chant absolument sublime, qui pour moi représente le symbole de cette chanson comme un espace que Marie nous a ouvert vers l’avenir.
·“Dos Palomitas ” : Marie s’accompagne à la guitare et chante, avec quelle voix ! A cette pièce du folklore argentin, elle confère une touche très spéciale, réellement elle la chante comme on se doit de la chanter, aucun argentin ne la chante comme Marie , pas même Mercedes Sosa, grande voix argentine. Il est incroyable de constater à quel point Marie connaît bien les musiques de nos régions ( je suis Argentin ) et difficile de le comprendre car pour un Français il n’est pas aisé d’apprécier les folklores de terres aussi lointaines : pensez que Marie affirme aimer les pampas !
·El Pastor est un chant du folklore mexicain , nommé huapango, mode musical que ne peuvent chanter que certaines personnes qui ont un très bon registre de voix comme Miguel Acevez Mejía…Et pourtant Marie l’a inscrit à son répertoire en l’ agrémentant d’une structure à quatre temps (amanecer-musicar-busqueda; eternidad-alegría-alma; anochecer-llamado-interior; eternidad-alegría-alma).C’ est une chanson de berger et le soleil est très présent , comme dans beaucoup de chansons de Marie , et contient à l’intérieur un message très mystique, comme vous pouvez le percevoir ici :
Va el pastor con su rebaño El Pastor ya va de vuelta
Al despuntar la mañana Pues el Sol se esta Ocultando
Bajando por el Sendero Va Subiendo por la Cuesta
De la Sierra a la Pradera Para llamar a suRebaño
Va musicando sus Gestas Con su Flautín va llamando
Con su Flautín de Carrillo Una a una sus ovejas
Seguido por sus Ovejas Y les va comunicando
Como si fuera un Hechizo Sus dolores y Sus Tristezas
El Flautín del Pastor Alegre Canta Asi El Flautín del Pastor Alegre Canta Asi
Marie dans le refrain de cette chanson « El Flautín del Pastor Alegre Canta Así » passe d’une voix de contralto à une voix très aigue et passe à un aigu intermédiaire et passe de nouveau aux graves puis de nouveau à une aigu très suspendu, montrant à quel degré elle est parvenue dans sa technique du chant.
·“Mon Cœur Se Balance” chanson en Live, délicate et fragile, à mon avis est une chanson dans le meilleur style de Brel ; Marie y évoque son enfance avec nostalgie, à travers cette adaptation de Mendelssohn ; l’accompagnement tient aussi un peu des airs des Andes dans le rythme, et elle y ajoute du merveilleux quand elle évoque « des choses de la vie » de sa voix aiguë suspendue et qui tombe immédiatement dans un grave émouvant, jusqu'à parler « des choses de l’amour », qui sont emplies de tristesse et riches d’évocation.
·“Canzonetta Napolitana” une autre chanson en Live en italien, que est différente de la version que nous offre Marie dans « Cicerenella » mélodie médiévale oú elle met son triptyque vocal ( fait de registre aigu, mezzo et grave ),- mais dans ce titre Marie nous offre une canzonetta et nous donne une voix trés grave, rauque, androgyne, jusqu'à la transformer en une voix de contralto étonnante, jusqu' au finaldans lequel Marie est très bien accompagnée d’ une mandoline maniée par Francis Dunglass.
·“Quand les lilas refleuriront”est une autre chanson en Live, cette fois une ancienne chanson, très bien chantée et très bien accompagnée, ici apparaissent des accords et un rythme un peu sud-américains, plus précisément des Andes. Il y a une ressemblance avec l’ancienne musique française. Mais quelle douceur quand elle chante « Personne alors qui ne comprenne, Les doux mots qu’elles parleront, Quand les lilas refleuriront, Allez dire au printemps qu’il vienne », ces paroles dans la voix de Marie s’élèvent dans l’air et dans le vent , porteur d’espérance pour nous.
·“Luciana” chanson bellissime, avec des airs classiques, avec des demi-tons très riches ; quelle joie on ressent en entendant Marie chanter de sa voix de soprano, jouant sur des échelles émouvantes et des aigus comme des cris d’amour, ils nous apportent l’espérance pour l’ humanité. Il faut préciser que Luciana était une petite enfant née dans les favellas brésiliennes. Dans cette pièce , elle est accompagnée par Gismonti : quelle merveille que la rencontre de ces deux grands musiciens, Marie a fait vibrer le Maracanazinho dans un Festival de Chanson Brésilien …
·"Canto de Ossanha", à nouveau avec Egberto Gismonti , est une pièce très célèbre de Baden Powell et de Vinicius de Moraes, une autre fois comme à son habitude elle mélange des aigus très aigus mais très doux, avec des graves, et passe d’ un immense air classique au jazz avec Vai, Vai, Vai… ; elle chante ici pour les « Orixas » , chant des Macumbas Brasileiras.
·“Le Computeur” est la dernière pièce brésilienne avec Egberto Gismonti… quelle poésie a écrit Marie ici, quelles choses nous dit Marie : elle nous invite à un nouveau monde, elle fera un nouveau pays : « venez, venez », et écoutez sa voix qui joue avec la flûte, quelle voix a là Marie et quel flûtiste est Gismonti , la chanson est trés d’ avant-garde pour l’époque et même pour aujourd’hui. J’ai écouté la pièce dans sa version instrumentale mais sans Marie la pièce n’est pas la même…
·“Doina Din Maramures”, chanson roumaine ,est une des meilleures chansons de Maria Tanasse, dans laquelle Marie nous offre des graves étonnants , et des cris désespérés gutturaux et profonds , et tristes à la fois, qui nous laissent transis et donnent l’espace à la réflexion à travers ses intonations d’une contralto superbe ; on se demande comment Marie a pu chanter cette chanson comme elle le fait, sans même s’accompagner d’ une flûte de pan, comme dans la version de George Zamphir.
·“Jovano Javanke” , chanson yougoslave, est incroyablement bien chantée par Marie ; elle nous en a laissé 2 versions : très grande est la version du CD, dans laquelle elle frappe sa voix et tombe dans le grave, et frappe de nouveau et s’élève une autre fois avec un cri trés fort… dans cette chanson elle est très bien accompagnée par Jorge Milberg et on peut dire que son interprétation est meilleure pour la voix et à égalité pour le reste que dans la version de la chanteuse canadienne Lorenna Mc Kennit.
·“Comme Un Oiseau » est une chanson singulière à entendre ; pour moi c’est le symbole de l’homme-oiseau, l’homme spirituel . La chanson a de nombreux tempos : le premier tempo commence comme une vieille chanson d’un musique rayée et qui vient de loin et Marie nous y apprend à voler ; il y a ensuite un crescendo : sa voix monte en force à chaque Tempo, jusqu'à arriver au Soleil ( toujours présent dans toutes les chansons spirituelles de Marie) ; la voix de Marie est alors parvenue très haut et très loin de nous et à la fois tout prés de nous, et elle arrive au Tempo Final et elle nous le donne avec des chœurs qui sont des voix tant Orientales que des Andes ( beaucoup des chansons de Marie s’inspirent d’ airs des Musiques des Andes , qu’elle n’oublie pas).
·Mon Amour (inspirée du Concerto pour Mandoline et Orchestre de Antonio Vivaldi) est une pièce Classique, dans laquelle on apprécie les belles ondulations de cette Andante et de la voix de soprano de Marie, qui joue et joue le long des échelles de cette pièce baroque en Do majeur, jusqu'à atteindre la tendresse, puis jusqu’au récit d’une poésie écrite par elle- même , pour L’Air du Temps.
·House of The Rising Sun est un Negro- spiritual très connu et chanté par de grands chanteurs du monde du siècle passé, Marie en a fait trois versions , toutes différentes l’une de l’autre : la version japonaise est très charmante et douce, et dans la dernière version Marie met une voix juste, profonde , et en Live elle fait quelques improvisations vocales merveilleuses ; c’est une des pièces préférées de Marie, et les paroles en sont très spirituelles .
·5 X 5 (Cinq par Cinq) est une pièce instrumentale et d’inspiration sud-américaine , créée par Milchberg . Marie vocalise sur ce morceau dans un aigu étonnant, les instruments jouent différentes situations et improvisations que Marie sert en huit morceaux de sa voix unique et merveilleuse, jusqu’à donner une émotion très grande à l’auditoire. L’étrangeté de toute cette piece est pareille à celle de « Nil s’en La » pièce celtique dont je pense qu’elle a été inspirée à Clannad dans son CD en public par 5x5 , dans sa partie instrumentale.
·"Etait-ce trop beau pour durer", cette fois est une musique du film Nicholas et Alexandra. C’ est une pièce d ‘air classique, avec une poésie très dure et douce à la fois, et la voix de Marie ainsi que les chœurs qu’elle crée elle-même dans les échelles ondulantes sont superbes .C’ est une chanson géniale.
·"L’air que tu jouais pour moi" est la première chanson en aigu que j’ai écoutée et je l’’ai aussitôt aimée ; la douceur de sa voix lui imprime un air musical différent , quand Marie commence la chanson avec les guitares de Los Incas qui ont fait une introduction proche de l’air de Jeux Interdits… mais quand elle commence « On avait dit que… » elle nous fait trembler d’ émotion par l’harmonie des tonalités et de sa voix aiguë juste pour cette mélodie –d’un air classique magnifique.
·"En plus de l’amour" est superbe, on retrouve à nouveau une voix de mezzo soprano, et le clavecin lui confère un climat qui nous donne l’impression d’être dans un conte de fées, sans parler de l’instrumentation.
·"Siffle, Siffle ma fille" est la chanson que je préfère de Marie ; chanson pastorale et médiévale dans laquelle selon moi la voix grave de Marie paraît sortir de ma propre gorge, parce que c’est comme si Marie la chantait à côté de moi. J’aime la manière dont Marie enveloppe cette chanson de tendresse ; je crois que cette chanson est une des plus belles chansons de la Laforêt.
·"Mea Culpa" est une chanson avec un rythme pareil à celui de My Sweet Lord de George Harrison ,et je crois qu’elle évoque les problèmes d’une mère face à l’amour que lui porte l’ami de son fils ,un jeune adolescent … le thème paraît sans transcendance, mais quand on écoute la voix de contralto de Marie qui s’élève et s’élève et ensuite qu’ avec le Chœur elle prend plus de force encore, et Marie s appuie sur le Chœur et élève la voix encore, et des tonalités variées qui sortent du disque, on peut se demander comment cette femme peut chanter comme ça, mais par surprise Marie arrive à sa voix la plus aiguë et joue le final accompagnée d’ une trompette et la voix de soprano s’élève et s’élève en un cri d’amour incroyable, on ne pas arriver à croire si tout est réel ou si simplement on l’imagine, c’est tout !
·"Noe": qu’est ce que nous pourrions dire de cette chanson dédiée au père de l’ humanité, qui goutte le miel que lui offrent les abeilles, comme un songe de l’Atlantide et qui commence avec le piano de G. Gascalles qui précède Marie, et Marie place sa voix pour commencer la chanson et c’est une voix ondulante, grave, tendre, profonde jusqu’à ce que reprenne l’orchestre, et dans le grand final , le grand chœur donne un mysticisme à cette chanson, à tel point qu’on peut se demander comment une femme peut chanter ainsi , par quoi est-elle poussée ?
Il y a quelques autres chansons dont on pourrait parler et parler encore et à écouter et que l’on pourrait jouer avec notre instrument de prédilection , pour constater la délicatesse que contient cette mélodie et à quel point toutes ces chansons ont été bien choisies.
A nouveau , pour tous ceux qui peuvent lire ce texte, je demande votre pardon, je ne sais pas bien le français, mais je fais mon possible pour dire ces petites choses …
Un Argentin
P/D pour ce texte j'ai recu l'assistance d'un ami Philippe Lerendu, que j'ai ne pas des paroles pour le remercier et aussi la connaissance de toutes cettes chansons et des autres chansons que j'ai recu d' un grand ami Arnold Van Balderen.