AUTOPSIE D'UN SPECTACLE ü
Marie se pompone devant une glace. Elle porte de grandes lunettes, a les cheveux frisés. Tout en fredonnant l'air de « viens, viens », elle se tourne d'un coup... ML - Marion, Marion ? Marion- Oui ? ML- Tu m'entends là ? Marion- Oui, parfaitement. ML- Comment j'vais commencer ? J'vais pas dire bonsoir mesdemoiselles, bonsoir mesdames, bonsoir messieurs ? Marion- Non, c'est vraiment ridicule. ML- C'est ridicule, hein ? Changement de décor. Marie a désormais les cheveux gominés tirés en arrière. Elle tire une bouffée de cigarette, la tête penchée en arrière et recrache la fumée qui l'enveloppe. Elle rebaisse la tête en fixant le spectateur puis souffle dans le micro sur pied se trouvant devant elle. Sur un ton exagérément sensuel elle dit ML- bonsoir mesdames, bonsoir mesdemoiselles Elle retire une bouffée sur sa cigarette, recrache la fumée en poussant un soupir langoureux pour finir... ML- bonsoir messieurs. Son air sérieux s'efface, elle lance un regard à droite à gauche et affiche un air dubitatif très marqué. ML- J'peux pas faire ça quand même... Nouveau plan. Marie, cette fois-ci porte quelque chose sur la tête. En fait un pull. (mais j'ai mis du temps à identifier l'objet comme tel...). Tout en parlant, elle lève le bras, le pose sur sa tête et prend des pauses en se trémoussant. La scène est étonnante car elle est à mille lieues de l'image que je me faisais de Marie. Son côté excentrique jure totalement avec l'idée que je m'étais fait de Marie au travers des prestations auxquelles j'avais pu assister jusqu'alors, image sérieuse renforcée plus encore par la nature mélancolique, triste de la plupart de ses titres... ML- P'être j'peux essayer d'faire une entrée ... euh... une entrée qui soit p'être plus... euh... à l'américaine... euh... J'vais essayer... J'vais au fond Marion, tu m'prends, Marion- Oui bien sûr... ML- Alors écoute, j'vais essayer d'accord ? Marie pousse alors un petit cri aigu, puis se retourne et se dirige vers l'orchestre au fond de la scène, nous faisant découvrir une tenue pour le moins originale. Outre le pull sur la tête, elle porte un pull rouge, ceintré par une ceinture et des cuissarde qui laissent entrevoir des chaussettes hautes (ou des bas, pardonnez mon ignorance) à grosses rayures (le tout me rappelant un peu les personnages de Jean-Pierre Jeunet dans « la cité des enfants perdus ». ML- tu m'fais viens,viens parce que ça va me chauffer... Chauffe-moi Tandis que la musique démarre, Marie se met à courir en traversant l'orchestre, trébuche, renverse un pupitre de façon maladroite et terriblement exagérée... Elle prend une pause tenant plus du comique que d'autre chose... ML- C'est p'être trop non ? Puis commence à chanter « viens, viens » sur un ton d'auto-dérision poussé à l'extrême, prenant même la voix d'une petite fille...ponctuant sa « prestation » de « c'est pas bon, hein »... Finalement, tandis que les chœurs continuent à chanter, elle s'arrête... ML- bon ben ça suffit hein... ho... Allo... La musique redémarre alors que nous venons à nouveau de changer de décor et d'un seul coup, alors que rien ne nous y préparait Marie telle que je l'avais idéalisée apparaît. L'ouverture musicale de « viens, viens » est de nouveau lancée... Marie se tient debout, au milieu de la scène, tenant son micro à deux mains. La tenue est plus sobre. Les cheveux sont de nouveau gominés, en arrière. Elle porte un foulard autour du cou. L'interprétation du titre est magistrale et détonne de façon incroyable avec la facette que Marie nous a livrée quelques minutes plus tôt. C'est en pleur que Marie termine la chanson. Nous retrouvons alors Marie dans la tenue qu'elle portait au début de l'émission se dirigeant vers un des musiciens pour qu'il lui allume une nouvelle cigarette (le nombre de cigarettes fumées par Marie est impressionnant dans cette émission). C'est lorsque Marie remercie le musicien que nous apprenons qu'il s'appelle Léon. Immédiatement nous redécouvrons Marie, assise, nouvelle tenue, nouvelles boucles d'oreilles mais... toujours une cigarette à la main.... Elle interprète « fais-moi l'amour comme à 16 ans ». Marie va, à un instant, s'interrompre très brièvement pour signaler qu'il y a trop de retour. L'image est sombre, la mise en scène sobre et Marie se détache lumineusement de ce fond noir. Toutes les émotions passent par le regard de Marie et les « yeux d'or » (terme qui semble avoir maintes fois exaspéré Marie au plus haut point) nous font partager nostalgie, tristesse, sensualité. Si Marie nous est bien souvent parue, magnifique (pour ne pas dire altière) dans nombres d'émissions, rarement elle ne me sera apparue aussi proche de la beauté artistique qu'elle nous offrait au travers des pochettes de ses albums et 45 tours... Voix off – Marie ? ML (en se retournant) – Qui arrive ? Voix off – Marie je crois qu'on va enchaîner sur la chanson suivante, de toute façon on reverra.... ML – Bon, d'accord, c'est quoi la chanson suivante ? On entend distinctement plusieurs voix lui souffler « sous les palétuviers ». ML – Alors là, quand même, pour les palétuviers ... J'ai besoin de mise en scène.... Retirez ce machin, vous êtes gentil, voilà, merci monsieur... Un homme lui apporte deux pupitres portant chacun une partition. ML – Quelques fois, dans un spectacle de télévision, on a la chance, la grande chance d'avoir quelqu'un de tout à fait extraordinaire, ce soir j'ai la chance et le très grand honneur d'avoir quelqu'un de tout à fait merveilleux, tout à fait hors du commun et c'est avec un très grand plaisir et beaucoup d'émotion que je vous présente maintenant Alain Weil... L'ouverture de « sous les palétuviers » est maintenant jouée par l'orchestre tandis qu'Alain Weil descend les marches derrière Marie puis se met à trottiner pour se diriger vers les pupitres où Marie l'attend. La prestation est étonnante. Cette chanson garde une place particulière car elle fut l'une des rares occasions où mon père m'annonça un nouveau titre de Marie à la radio tant il avait été étonné d'entendre son nom après la diffusion du titre alors qu'il ne l'avait pas du tout reconnue. Alain Weil est particulièrement concentré sur sa partition. Marie, elle, prend des airs ingénus qui collent parfaitement à la chanson, jouant parfois avec une écharpe noire qu'elle porte autour du cou. A retenir... Un moment, Alain Weil perd le fil du texte et Marie vient à sa rescousse en lui indiquant où il doit reprendre. La chanson se termine avec le si reconnaissable « pototot » lancé par Alain Weil qui ne peut s'empêcher de rire à cet instant. De nouvelles notes succèdent à cet instant, immédiatement identifiables ... « Maine Montparnasse »... Marie se tient derrière le piano sur lequel traînent de grandes feuilles avec les paroles de la chanson. On aperçoit un gobelet ainsi que les lunettes que portait Marie et qu'elle a posé là. Marie entame le premier couplet et la qualité fait penser que nous avons à faire à l'interprétation directe de la chanson. Pourtant il n'en est rien, il s'agit en fait d'une répétition. Lorsqu'elle attaque le deuxième couplet, quelque chose semble gêner Marie, qui se retourne, se dirige vers le chef d'orchestre pour finalement revenir consulter les feuilles sur le piano tout en continuant à chanter. A l'instant où elle chante « la rue de Renne est une terre fertile », avec le doigt, elle se bouche une oreille (probablement un soucis de retour). « L'île et Vilaine, une banlieue du Brésil »..... A cet instant Marie lève la main et fait signe que non avec ses doigts. ML – C'est trop vite... C'est vraiment la charge de cavalerie... On voit alors le pianiste écrire sur sa partition. Marie contourne le piano et se rapproche de lui. Tandis que ce dernier lui rejoue le morceau elle l'aide en fredonnant. ML – Et après, je ralenti un peu... La musique repart du début tandis que Marie apparaît, floue et « à l'envers ».... Un zoom nous apprend que l'objet qui reflète son image est le piano. Marie, toujours cheveux gominés en arrière porte des boucles d'oreilles d'une longueur « non négligeables » qui scintillent. Elle porte également une longue robe noir dont la partie haute est composée de tule tandis que des paillettes multiplient des petits points lumineux sur l'ensemble. Durant tout le titre, Marie promènera sa main gauche tandis qu'un pan de la robe enroulé autour de son pouce suivra les mouvements lents et majestueux de cette dernir7RE ; La chanson se terminera de nouveau par le reflet de Marie. Nous retombons de plein pied dans cet effet paradoxal de l'émission... Marie apparaît à nouveau frisée, triturant ses boucles, moment léger qui contraste avec le sérieux de la prestation précédente... ML – j'ai l'air d'une houpette.... Je ressemble à une vilaine houpette... Y des belles houpettes et y a des vilaines houpettes... Ben moi j'suis une vilaine houpette.... Voilà, c'est dit. Le plan suivant nous fait découvrir Marie sous un nouvel aspect. Elle porte une tenue probablement traditionnelle. Très colorée, un foulard recouvrant sa chevelure. ML – Pour la première fois ce soir depuis 8 ans nous nous sommes retrouvés, on a passé deux ans ensembles, de travail, d'amusement, de tournée, de déceptions, de joies, de pleins de choses. Pour vous c'est LOS INCAS, pour moi c'est Jorge, Jorge Milchberg. Malheureusement les chansons que j'avais prévue de chanter ce soir on ne pourra pas les chanter parce que ses camarades ne connaissent pas les chansons. JM – Ils en connaissent d'autres. ML – Ils en connaissent d'autres.. ils en connaissent d'autres, vraiment de très jolies. Je vais essayer, comme ça de m'intégrer dans une très nouvelle et très belle chanson qui s'appelle Rio Abierto. Tu y vas quand tu veux Jorge.. La magie s'installe immédiatement. Tout d'abord parce que l'un des premiers instruments est une flûte de pan et que ce son me transporte toujours autant. Marie se tient devant le musicien. Elle fredonne la mélodie. Elle se déplace ensuite devant un autre musicien tenant une flûte tandis que la mélodie est reprise. La voix de Marie monte légèrement. A la troisième reprise, tandis que nous voyons Jorge Milchberg derrière elle, Marie monte dans les aigus comme elle l'a fait si souvent. L'ensemble musique/voix est extraordinaire et nous transporte. Marie est complètement investie dans ce passage et en fait quelque chose « d'à part » dans l'ensemble de l'émission tant il est évident qu'il y a une parfaite symbiose entre elle et le groupe.... Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, la facette « folklorique » (voir « traditionnelle ») de l'œuvre de Marie ne m'a touché que tardivement et tout particulièrement lorsque, intrigué par les écrits et les échanges de Luis, je me suis penché avec une attention toute particulière sur les titres concernés. Je pense pouvoir dire que Rio Abierto est un des moments les plus forts dans cette particularité de Marie à pouvoir faire sien les chansons de cultures étrangères et à en rendre, avec une facilité déconcertante, toute la chaleur et l'authenticité... Marie est maintenant à nouveau devant son piano. Elle chantonne « la vérité ». Tandis que le pianiste fait des gammes, elle récite les paroles et semble à nouveau complètement possédée par ces dernières. Le caméraman nous gratifie d'incroyables gros plans sur le visage et le regard de Marie. ML – J'vais prendre un bonbon à la menthe. Suite à cette phrase Marie fait des vocalises. ML – C'est faux !!! Tu chantes faux Marie... (il n'y a bien qu'elle pour le croire à cet instant je pense). Elle refait des vocalises puis se pomponne le visage, puis essuyant la poudre qui est tombée sur le piano ... ML – C'est pas un cadeau, cela dit, ce que tu leur as donné à faire à la guitare. On entend un musicien lancer « 1. 2. 3. 4. » tandis que Marie fait un clin d'œil à quelqu'un. La musique reprend. Etonnant instant que l'interprétation de ce titre qui m'avait particulièrement plus sur l'album de 1976. Etonnant parce que voir Marie interpréter ce titre reste magique. Etonnant parce qu'en live Marie module sa voix avec tout autant de talent que sur la version studio. Etonnant parce qu'enfin Marie est transportée par sa chanson. Son visage et ses expressions s'adaptent parfaitement à la tristesse qui se dégage du titre. Elle prolonge la note sur le mot « la vérité » puis, en reprenant le refrain se positionne face au chef d'orchestre qui compte chaque refrain sur ses doigts. Nous retrouvons alors Marie, entièrement vêtue de noir, assise en face de Francis Lai tenant un accordéon. ML – Tu sais que c'est terrible parce que, dès que je suis avec quelqu'un qui a l'accent du midi, moi je reprends le mien.... Mais alors en deux secondes... La femme chic... (prenant un accent exagéré) et ben maintenant je vais vous annoncer Francis Lai qui est un charmant camarade à moi... Francis Lai montre quelque chose à Marie. ML – qu'est-ce qu'il a ? Quoi ? Mais c'est du vin... ah... p... c'est trop tard... Mon Dieu on est pas arrivé. Marion, t'as le temps au moins ? Marion – Oui, heu...Il me semble.... ML – On va jamais arriver à faire cette chanson... On va te faire un coup du monsieur et madame, tiens, tu vas pas voir venir... Il faut que je te dise, il faut que je vous dise. Marie cherche une caméra du regard. ML – Il faut que je vous dise que, souvent dans le métier, on dit j'ai la joie de recevoir quelqu'un que j'aime bien, qui a du talent, qui est.... Souvent c'est vrai mais ce soir c'est particulièrement vrai... Me faire pas rire Francis... En plus je reprend l'accent du midi.... Eh bien ce soir c'est particulièrement vrai parce que Francis est quelqu'un que j'aime infiniment, Francis c'est d'abord, pour moi c'est Francis et par-dessus le marché... Marie se retrouve momentanément dans l'ombre. ML – Ca ne vous gêne pas que j'ai de la lumière sur moi... Ils en enlèvent au fur et à mesure... Tiens, donc stop... Y en a qu'un ici ils l'enlèvent... Bon je continue... Et Francis, c'est un monsieur à qui on peut téléphoner à deux heures du matin... enfin pas tout le monde... Tu vas voir ça, ça va être gai les nuits chez toi.... Et là on joue à monsieur et madame... Alors monsieur et madame... euh... Tu t'en souviens toi ? S'en suit une série de monsieur et madame... Le moins que l'on puisse dire c'est que cet instant d'une grande légèreté jure radicalement avec le titre qui va être abordé au moment où l'on ne s'y attend le moins. Impressionnant de voir Marie qui durant ces minutes ne cessaient de rire, de gesticuler sur son siège va reprendre son visage impassible tandis que les premières notes de « je voudrais tant que tu comprennes » sont jouées. Il y a, là encore, une parfaite cohésion entre Marie et Françis et les regards échangés sont chargés d'un respect presque palbable. La chanson à peine terminée nous retrouvons Marie, toujours vêtue de noir, mais avec une nouvelle robe qui, lorsqu'elle écarte les bras, donne l'impression qu'elle porte de gigantesques ailes noires. Marie interprète « Arlequin ». Son visage est plus souriant que pour les titres précédents (à l'exception de « sous les palétuviers »). Marie, durant ce titre joue beaucoup de sa robe qui adopte la fluidité de ses mouvements et qui est utilisée à la fin du titre pour masquer la moitié de son visage. Si l'interprétation reste à l'égale des autres prestations, force est de reconnaître qu'il s'agit probablement du moment de l'émission qui m'a le moins marqué si ce n'est cette beauté incroyable qui se dégage du personnage, comme toujours... Marie nous apparaît à nouveau avec son pull sur la tête... Dit ainsi cela donne une impression de ridicule et pourtant il n'en est rien. Cet apparat, aussi simple soit-il, contribue au charme de Marie. Elle apparaît donc avec son pull sur la tête et chantant « touche moi ». Elle apparaît immédiatement concentrée et plongée dans sa chanson. A un tel point que j'ai bien cru sur le coup qu'il s'agissait de l'interprétation immédiate du titre et que nous n'aurions pas droit, comme plusieurs des autres chansons, aux scènes de répétition. Et puis.... Finalement, Marie, en se retournant et évoluant sur la scène se contente de fredonner pour finalement se retourner. ML – Touche-moi, touche-moi, touche moi qu'elle dit tout le temps la chanson... la chanson hein... (on entend distinctement plusieurs rires).... Pourquoi il m'a mis une chaussette là (allusion au pull justement)...Touche-moi, bon, moi j'veux bien mais quand même... Y a des limites.... Y a des limites à pas dépasser. Marie reprend sa répétition et retrouve immédiatement ce sérieux, cet investissement dans le titre qui la caractérise.... Alors que le charme opère à nouveau en quelques secondes, Marie s'interrompt à nouveau. ML – Il est terrible le Tonio, il m'casse tous mes coups...C'est parce qu'il est mauvais, il rigole... Il me casse mon truc parce qu'il est mauvais... Il est mauvais Tonio...et puis ca m'est égal... Marie prend un gobelet, le porte vers son visage, regarde à l'intérieur et le repose... Elle s'accoude sur le piano. ML – C'est Charden qui a fait ça... J'aurais jamais pensé un truc pareil.... Une voix lance « 1, 2, 3, 4 »... Marie chante juste une phrase et s'interrompt à nouveau elle allume à nouveau une cigarette avec celle que lui approche une personne. ML – En mesure... En tout cas une chose est sûre.... Quand je serais grande je serai pas chanteuse.... Cette fois-ci Marie se lance dans l'interprétation complète du titre. J'avais gardé le souvenir de « Touche-moi » comme d'une des chansons de Marie qui m'était apparue comme la plus sensuelle. L'interprétation que nous en livre Marie ne peut que me conforter dans cette impression, d'autant plus que la gestuelle de Marie essentiellement composée de balancements (de droite à gauche, d'avant en arrière) qu'il serait plus exact d'appeler des « flottements » et de mouvements amples du bras au-dessus de son visage, accentuent cette sensation de sensualité. Nouvelle scène... Tandis que les notes d'ouverture de « star » résonnent, nous découvrons au premier plan, de dos, un pianiste devant sa partition... plus loin, en arrière plan, Marie. « Non je n'ai pas l'habitude de parler de moi.... » Le visage de Marie est incroyable. Le regard est d'une incroyable tristesse et le ton est quasiment donné. A chanson dramatique le jeu de scène de Marie sera tout aussi dramatique. « on voit dans le miroir, l'étoile de demain qui vient vous dire bonsoir »... Marie porte sa main droite au visage et semble se mordre le petit doigt. Son regard s'est encore assombri, donnant l'impression qu'elle va pleurer mais il n'en est encore rien... Sa main s'éloigne du visage, les doigts se mettent à bouger pour nous offrir un signe d'au revoir. Marie enlève alors une de ses bagues tandis qu'un nouveau plan nous fait découvrir sur le piano des affaires qui vont s'avérer être un nécessaire de démaquillage. L'interprétation prend une ampleur exceptionnelle tant l'émotion imprègne chacun des mots prononcés par Marie. Tout en continuant à chanter Marie plonge sa main dans le pot posé sur le piano et passe de la crème sur visage qui se met à briller sous les projecteurs et qui semble ruisseler de larmes ; Marie, au bout d'un moment s'empare de lingettes démaquillantes et enlève son maquillage. Le piano continue à nous bercer de ses notes tandis que Marie fini par plonger son visage dans les lingettes pour nous l'offrir à nouveau au terme de la chanson. Elle est en pleur. Marie nous est apparue se maquillant au début de l'émission et se livre nue de tout artifice à la fin du show... La boucle est bouclée avec ce clin d'œil nous rappelant que, quelque part, il y a toujours eu un fossé entre l'artiste et la femme... Fossé sans cesse mis en exergue entre le sérieux, voir la gravité, des différentes interprétations et la légèreté des répétitions. Instants privilégiés qui nous rappellent qu'au-delà de son talent de chanteuse, au-delà de ses frasques, Marie est également une comédienne consommée.... Pour notre plus grand plaisir...
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